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Structures formelles du langage - UMR 7023
 
 

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Modifié par Ivani Fusellier-Souza le - 20 février 2007

 

SYNTHESE DES DERNIERS TRAVAUX ET PUBLICATIONS

Ma thèse d’Etat, soutenue en 1996 se présentait comme une description globale et originale de la langue des signes française où l’iconicité jouait le rôle de voie d’analyse des fonctions et des structures de cette langue. L’examen plus poussé de l’iconicité d’image avait abouti à définir des opérations cognitives de « transfert » et leurs effets tangibles que sont les structures de grande iconicité. Aujourd’hui, en France, des termes tels que « transferts de formes », transferts situationnels », « transferts personnels », « doubles transferts »..., sont entrés dans le vocabulaire courant des jeunes linguistes travaillant sur la langue des signes française, des interprètes en LSF, des locuteurs sourds, et plusieurs collègues étrangers commencent à intégrer le modèle que j’ai conçu. En 2000, je publiais un ouvrage intitulé « La langue des signes française : les voies de l’iconicité » qui mettait l’accent sur la sémiogenèse de toutes les langues des signes pratiquées dans le monde selon un scénario de constitution historique identique, apportant par là même une dimension explicative à la raison d’être de l’iconicité présente dans ces langues.

Trois problématiques s’inscrivant dans le prolongement de mes recherches antérieures animent mes recherches actuelles :

- Dresser une typologie de l’iconicité

J’ai pu dégager trois types différents d’iconicité en langue des signes française (Cuxac , 2003 (c)). Une iconicité d’image qui caractérise essentiellement les productions narratives, lorsque les locuteurs adoptent comme stratégie d’illustrer, de donner à voir tout en disant. Ce type d’iconicité est de loin celui que j’ai le plus étudié. Un second type est une iconicité diagrammatique qui affecte les relations syntaxiques (spatiales) entre unités lexicales et a déjà fait l’objet de différentes recherches sur la langue des signes française. Le troisième type sur lequel beaucoup de choses restent à découvrir caractérise l’iconicité que j’ai appelée « dégénérée » du lexique standardisé de la LSF. Une partie du projet CREAGEST (cf. ci-dessus) est consacrée à ce problème et à la caractérisation compositionnelle interne d’éléments constitutifs de ce lexique standardisé.

- Quel statut accorder aux éléments qui composent le lexique ?

La nature « morphémique » de ces éléments internes est une question en friche sur laquelle je n’ai fait que commencer à me pencher et qui peut déboucher sur une remise en question de l’organisation des dictionnaires actuels de langues des signes. La nature morphémique (et en particulier morphémique-iconique) de ces éléments compositionnels est une hypothèse vraisemblable - qui reste toutefois à démontrer- qui, si elle s’avère exacte, débouche sur une question cruciale concernant le statut « phonologique » de ces mêmes éléments (Cuxac, 2004 (c)). En clair, est-il légitime de poser une organisation « phonologique » des langues des signes ? Si la réponse est non, -sauf à considérer que les langues des signes ne sont pas pleinement des langues, on en mesure toutes les retombées quant à l’épistémologie d’une linguistique fondant en partie le statut de langue sur la double articulation.

- Gestualité co-verbale et langues des signes

Certaines productions en gestuelle co-verbale présentent un air de famille avec des structures propres aux langues des signes ; c’est par exemple le cas des gestes illustrateurs et des structures de grande iconicité des LS (transferts de forme, situationnels, personnels). Selon l’hypothèse de A. Kendon, les uns et les autres se situent à différents degrés d’un continuum. De toute façon, que l’on soit pour l’hypothèse du continuum ou pour l’hypothèse contraire de la rupture qui défend l’idée que ces éléments très iconiques présents dans les langues des signes ne sont pas des éléments verbaux et de ce fait ne font pas partie de la langue, une question reste posée : quels sont les éléments co-verbaux des langues des signes, et même, y en a-t-il ? Une voie de recherche passionnante et qui selon moi devrait permettre d’apporter quelques réponses revient à poser la question e la pertinence de la surdité (le fait de ne pas entendre) quant à l’organisation en profondeur des langues des signes. A savoir que la surdité ne se traduit pas seulement par un changement compensatoire de canal, mais a entraîné l’impossibilité d’utiliser en parallèle deux modalités ainsi que cela se passe chez les entendants où la voie audio-phonatoire s’est spécialisée dans le dire et la voie visuo-gestuelle plutôt dans l’illustration (Cuxac, à paraître, (a) et (b)). Le fait de ne pouvoir utiliser qu’une seule voie pour ces deux intentionnalités sémiotiques distinctes, n’a-t-il pas donné lieu à des capacités cognitives non ou peu exploitées dans le monde des entendants, allant jusqu’à rendre verbal l’univers neural de l’imagerie ? Ces thématiques s’intègrent, soit transversalement, soit comme sous-projet, dans le projet d’équipes CREAGEST, attribué par l’ANR, et dont j’assure la responsabilité scientifique


PARTICIPATION À DES PROJETS DE RECHERCHE

- Responsable scientifique du projet « Réalisation de corpus de données visuelles pour l’analyse des processus de création d’unités gestuelles (LSF et gestualité naturelle) », CREAGEST, attribué par l’ANR dans le cadre du Programme Thématique Sciences Humaines et Sociales « Corpus et outils de la recherche en sciences humaines et sociales » 2007-2011.

- Depuis 2004, responsable français pour le CNRS d’un projet de recherche en collaboration avec le CNR (responsable italien : Elena Pizzuto) dans le cadre des programmes d’échanges internationaux du CNRS visant à comparer langue des signes française et langue des signes italiennes et à croiser nos données.

- Participation au projet STIC « Langue des signes » sous la responsabilité de J. M. Toulotte et S. Gibet visant à la création d’un avatar signant en LSF (à partir de 2004)

- Co-responsable (avec Patrice Dalle, IRIT Toulouse) d’une action spécifique « Interaction gestuelle » du département STIC du CNRS intitulée « Étude et développement de la communication homme-machine visuo-gestuelle », devenue équipe projet à partir de décembre 2003.

- Responsable scientifique et administratif d’un projet intitulé : "Les langues des signes : analyseurs privilégiés de la faculté de langage..." en partenariat avec le LIMSI (Orsay) et l’IRIT (Toulouse) et l’Université Paris IV, projet s’inscrivant dans le cadre du thème "Langage et Cognition" de l’Action Incitative ’Cognitique 2000’ du Ministère de la Recherche.

- De 1991 à 2000, dans le cadre du LIMSI-CNRS, participation active (plusieurs interventions) au Groupe de travail « Le geste de communication », supporté par le pôle Paris-Sud Cognisciences. Réalisation d’un Document de Travail (cassette vidéo) intitulé : « Relations temporelles et aspectuelles en Langue des Signes Française ».

- Rapport de recherche concernant l’éducation des enfants sourds, intitulé : « Intégration ou éducation spécialisée : un faux problème », 1981, 76 pages URA 1031, ligne budgétaire de l’université « Rénovation Pédagogique ».

- De 1980 à 1982, m’a été confiée par Monsieur Dessaint, alors Directeur de l’INJS de Paris, à raison de 20 heures de vacations hebdomadaires, la responsabilité du Département « Langues et Recherches Linguistiques » du Laboratoire de Pédagogie de l’INJS de Paris dans le cadre de la mise en place d’une filière d’éducation bilingue pour les élèves sourds de l’INJS.

- Participation à un groupe d’étude sur « le langage mimo-gestuel dans l’éducation des déficients auditifs » organisé par le CTNERHI en 1977-78.


DIRECTION DE RECHERCHES

Je dirige actuellement neuf thèses de Doctorat et quinze Master 2 sur la Langue des Signes.

 

 

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